Le Château de ma mère | Marcel Pagnol

Les Petites Analyses

Une table. Deux chaises. Et une collègue qui me glisse un mot que j’avais écrit pas plus tard que la veille. J’eus beau pencher le papier en tous sens, enlever mes lunettes, les remettre et écarquiller les yeux, rien n’y fit. Impossible de me relire. Ce bout de phrase reste une énigme. Un morceau d’art abstrait indéchiffrable, même pour celui qui l’a conçu. Un jet d’encre digne d’une ordonnance de médecin. Illisible. Ne pas pouvoir se relire est une étrange sensation. On sait qu’il s’agit de notre écriture, on ne peut le nier, ça crève les yeux. Cette manière de relier les lettres entre elles est la nôtre mais le contenu semble étranger, comme si un petit malin s’était emparé de notre style pour gribouiller n’importe quoi.

Cette patte de mouche est heureusement chose rare dans ma production écrite. Le cahier qui accompagne mes lectures, celui où je note des…

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