Le bœuf et l’enfant

À la française ...

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Le bœuf et l’enfant

Comme la diligence descendait une côte au galop, un pauvre bœuf effrayé s’est jeté dans une broussaille. Un petit garçon de quatre ou cinq ans, qui le conduisait, lui a pris la tète et la lui a cachée dans sa poitrine en le flattant doucement de la main. Il faisait à ce bœuf ce que sa mère lui fait sans doute, à lui enfant.

Le bœuf, tremblant de tous ses membres, enfonçait avec confiance sa grosse tête ornée de cornes énormes entre les bras de l’enfant, en jetant de côté un coup d’œil effaré sur la diligence, emportée par six mules avec un horrible bruit de grelots et de chaînes. Lenfant souriait et lui parlait tout bas.

Rien de touchant et d’admirable comme de voir cette force brutale et aveugle gracieusement rassurée par la faiblesse intelligente.

Victor Hugo (1802-1885)

Victor Hugo

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